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Vénus Rx en Lion 22/07 - 03/09/2023


Le Baiser, Gustav Klimt (1907)


Quand j’étais petite, je suis allée dans quelques camps avec ma sœur. C’était surtout elle qui choisissait les activités, et j’acquiesçais. Je suis certaine que mes parents s’assuraient de me questionner sur le type d’activités qui m’intéresseraient, afin de ne pas laisser le choix de ma sœur s’imposer à moi. Cependant, ma réponse à leur question devait être un marmonnement d’indécision. Cela ne vous surprendra probablement pas que j’aie appelé mon premier animal de compagnie, un poisson, « Chez-Pas ». Je préférais suivre que d’affirmer ce que je désirais. Je crois que je ne savais probablement même pas moi-même ce qui m’attirait. En grandissant, mes goûts se sont affirmés davantage, particulièrement en contraste avec autrui. J’aimais ce qui n’était pas trop à la mode, pas trop commun. J’aimais me voir comme quelqu’un de différent, mais pas trop. Juste assez. J’admirais des figures rebelles et dramatiques, comme Effy dans Skins, et je me voyais en elles. Je me convainquais que je leur ressemblais et je les imitais, pour le meilleur et pour le pire. L’enjeu, quand on emprunte des désirs qui ne sont pas intrinsèquement les nôtres et qu’on les incarne, c’est qu’ils finissent toujours par nous recracher, à un moment ou un autre. Alors que nous sommes pris au jeu, nous ne nous apercevons pas que nous jouons un rôle qui n’a pas été écrit pour nous. N’ayant jamais joué un rôle fait sur mesure, nous ne nous rendons même pas compte que nos actes sonnent faux. Si nous nous en rendons compte, notre premier réflexe est souvent d’identifier le problème comme provenant de nous. Nous sommes le problème, nous devrions nous transformer pour pouvoir nous mouler au rôle, et non pas le contraire. Ou bien, nous identifions que le problème, ce sont les autres, ou encore la société dans son entièreté, le jeu est tout simplement truqué et il mérite d’être éliminé. Et si le problème ne provenait pas de nous, ni d’autrui, ni de la société, mais plutôt du rôle que nous endossons? Et si nous commencions à l’ajuster à notre image, à le créer spécifiquement pour nous, peut-être que le jeu commencerait à avoir plus de sens à nos yeux?


Ces pensées me parcourent, alors que la rétrograde de Vénus dans le signe du Lion débute. Cette rétrograde arrive à un moment charnière dans ma vie. Je termine dans moins d’un mois ma maîtrise, et à la fin du mois d’août, mon emploi se termine. Je me retrouve dans ce terrifiant entre deux, entre deux mondes, l’un que je quitte, et l’autre qui m’est encore inconnu, source de tous les possibles. J’ai réalisé récemment que la voie que j’ai empruntée à travers ma maîtrise ne me correspond plus. D’un côté pratique, cette voie serait cependant bien tracée, rassurante, pouvant m’offrir de la stabilité ainsi qu’un certain confort. Pourtant, je sais qu’elle n’est pas la mienne. Je ne sais pas vraiment ce que je désire, mais je sais que ce n’est pas ce chemin. J’aurais pu pendant un moment endosser ce rôle, mais je sais que tôt ou tard, j’aurais dû changer de direction pour me tourner vers le vide, vers mes peurs.


Parfois, nos désirs sont clairs, tonitruants même. Parfois, nos désirs sont presque indétectables à nos sens, leurs contours apparaissant uniquement lorsque nous les comparons à ce que nous ne désirons pas. Même ce que nous ne désirons pas parfois nous surprend et change de camp. Seconde par seconde, la vie n’est déjà plus ce qu’elle a été. Ce que nous avons désiré n’est peut-être plus attirant désormais. Ce qui nous a un jour répulsé est peut-être ce qui fait vibrer notre cœur et appelle tous nos sens aujourd’hui. Le passé n’est donc pas toujours un bon guide lorsqu’il est temps de se questionner et s’interroger sur ce qui nous anime. Il peut nous nuire, nous emprisonnant dans des cages dont les barreaux sont le produit de notre désir de contrôle et de cohérence. À la question, « qu’est-ce que je désire? », seule la personne que je suis ici, en ce moment, peut répondre à cette question. Personne d’autre, ni celle du passé, ni celle du futur. Nous pouvons avoir peur de nous poser cette question et surtout d’écouter les réponses. Nos désirs peuvent nous terroriser. Que faire lorsque ce que nous désirons nous entraîne vers un chemin que nous ne souhaitons pas prendre?


Les désirs ont une mauvaise presse. Les racines catholiques sur lesquelles s’est bâti notre société ne sont d’ailleurs pas étrangères à cela. Or, avoir des désirs ne veut pas dire de les réaliser de A à Z, dès la première étincelle. Certains désirs peuvent être écartés, provenant de l’extérieur et ne nous appartenant pas réellement. D’autres peuvent sainement rester dans notre imagination. D’autres peuvent être réalisés sous des paramètres précis. Cependant, pour nombre de nos désirs, ceux qui font profondément vibrer notre cœur, si nous ne les laissons pas nous posséder, nous incarner, nous pousser vers la direction qui nous anime, le résultat de cet évitement s’inscrit dans notre propre souffrance. Nous nous faisons du mal, à force de nous diminuer, de nous négliger, de ne pas faire ce qui nous fait nous sentir vivant, qui nous électrise. Une de nos seules certitudes, c’est qu’un jour, nous mourrons. Que souhaitons-nous nous rappeler, sur notre lit de mort? Tous les frissons de la vie, l’extase de vivre pleinement, qui vient avec la prise de risques, l’amour et les larmes, ou bien un amalgame de moments tièdes, confortables sans être incroyables, une existence passée à s’inquiéter ou à s’ennuyer, à se comparer ou à se divertir de notre quotidien maussade?


Vénus en Lion veut que nous pensions à l’héritage que nous allons laisser sur cette Terre, non pas en termes de ressources, mais quant à la vie que nous aurons vécue. Quel sera l’héritage que nous laisserons à nos petits-enfants, aux générations futures? Pourra-t-il les inspirer, leur insuffler du courage, le courage d’être eux-mêmes, eux aussi? Le signe du Lion est associé avec le courage et l’intégrité. Le courage d’être soi-même et de ne jouer aucun autre rôle que le sien. Personne d’autre que nous-mêmes ne peut répondre à ses questions poignantes.


La période de la rétrograde n’est pas une période idéale pour mettre en action de nouveaux projets, ni pour prendre des décisions tranchées. Du 22 juillet au 3 septembre 2023, nous sommes dans une période d’expérimentation. Observons ce qui émerge, les désirs qui se manifestent et qui s’éteignent, les émotions que nous vivons et qui nous traversent. Ne prenons pas peur si la certitude de notre cohérence est ébranlée, si lorsque nous nous regardons dans le miroir, il nous semble apercevoir une personne inconnue. D’autres facettes de nous-mêmes nous sont ainsi révélées. Émerveillons-nous devant le caractère inconnu et vaste de la personne que nous sommes, qui reflète le caractère mystérieux de la réalité elle-même. Autrement, ces réalisations peuvent rapidement nous faire sombrer dans la culpabilité ou la honte, alors que notre société valorise tant le contrôle de soi, la logique et la retenue. Tentons de suspendre notre jugement et de ne pas tout de suite catégoriser cette facette inconnue comme étant étrangère, une partie de nous qu’il nous faut dompter. Voyons plutôt ce qu’elle a à nous dire, à nous apprendre sur qui nous sommes et ce que nous désirons. Gardons la même ouverture face aux comportements et actions de nos proches, dans nos relations, en tentant de ne pas trop en faire une affaire personnelle.


Selon notre charte natale, le voyage de Vénus dans le signe du Lion n’invoquera pas le même type d’expériences. Si vous avez des planètes en Lion, cette rétrograde risque de vous toucher plus personnellement. Selon votre ascendant, la rétrograde touchera une zone en particulier de votre charte, soit la maison du Lion.


Je vous invite à réfléchir à ces questions alors que la rétrograde débute. En septembre, lorsqu’elle se terminera, retournez à vos réponses, et comparez-les avec votre état du présent. Vos réponses sont-elles différentes? Qu’est-ce qui a changé?


Bélier : Qu’est-ce que vous désirez créer dans votre vie? Quelle est votre relation avec les plaisirs, les amours, le sexe et les désirs eux-mêmes?

Taureau : Quelle type de relation désirez-vous avoir avec votre famille? Quels désirs profonds entretenez-vous quant à votre lieu d’habitation?

Gémeau : Que désirez-vous communiquer dans vos relations? Quels types de liens désirez-vous entretenir dans votre quotidien, dans votre quartier?

Cancer : Quelle est votre relation avec vos ressources, avec votre corps, avec vos talents? Quel type de relations désirez-vous?

Lion : Quelle type de relation désirez-vous avoir avec vous-mêmes? Quels désirs existentiels vous refusez-vous, qui désirent être incarnés?

Vierge : Quelle est votre relation avec le fait d’être vu, reconnu, applaudi? Quels désirs profonds entretenez-vous dans ce domaine, qui ne demandent qu’à être vus et reconnus, eux aussi?

Balance : Avez qui désirez-vous vous associer, quels communautés ou groupes d’appartenance vous attirent? Quelle est votre relation avec vos amis et vos aspirations, vos rêves?

Scorpion : Quel type de profession désirez-vous? Quelle est votre relation avec le monde et la place que vous jouez dans celui-ci?

Sagittaire : Comment la vision du monde que vous portez influence vos relations? Comment est-elle influencée (ou pas) par vos désirs?

Capricorne : Quels échanges désirez-vous dans vos relations? Que désirez-vous, profondément, qui vous semble tabou?

Verseau : Quelle type de relations désirez-vous avec autrui?

Poisson : Pour quoi êtes-vous prêts à travailler dur et fort, à investir de votre temps et énergie? De quels désirs êtes-vous prêts à être au service?


N'hésitez pas à m'écrire pour des questions, en savoir plus sur votre charte, me partager vos expériences ou me donner vos commentaires. C'est toujours un plaisir de vous lire!



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